Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est dans la norme. Mais quand les cheveux tombent en plus grande quantité, que le volume diminue visiblement ou que des zones s'éclaircissent, c'est le signal que quelque chose ne va pas. Chez la femme, les causes sont souvent multiples - et certaines passent inaperçues pendant des mois parce qu'on les attribue à "la fatigue" ou "le stress".
- La cause n°1 de chute chez la femme en âge de procréer est la carence en fer (ferritine basse) - souvent non diagnostiquée.
- Le stress intense provoque une chute dite télogène, qui commence 2 à 3 mois après le choc (postpartum, maladie, opération, deuil).
- Les variations hormonales (post-partum, ménopause, arrêt pilule) sont des déclencheurs classiques.
- Si la chute touche les tempes ou le dessus du crâne de façon progressive, c'est souvent une alopécie androgénétique.
- Avant tout traitement, faire un bilan sanguin : NFS, ferritine, TSH, vitamines D et B12.
Les principales causes expliquées
La carence en fer (ferritine basse)
C'est la cause la plus fréquente et la plus sous-diagnostiquée. La ferritine est la protéine de stockage du fer : quand elle est trop basse, l'organisme ratione le fer et le détourne des follicules pileux (considérés comme non essentiels) vers les organes vitaux. Les cheveux tombent. Le taux "normal" en labo peut aller jusqu'à 12 µg/L, mais la plupart des spécialistes estiment qu'il faut un taux supérieur à 40 à 70 µg/L pour un cheveu en bonne santé.
Le stress intense et la chute télogène
Un choc physique ou émotionnel fort (accouchement, opération chirurgicale, maladie grave, deuil, perte d'emploi) peut déclencher une chute massive qui commence 2 à 3 mois après l'événement. C'est la chute télogène : les follicules passent en phase de repos brusquement. Elle est temporaire - les cheveux repoussent en général en 6 à 12 mois - mais très anxiogène.
Les causes hormonales
Post-partum (la chute commence souvent entre 3 et 6 mois après l'accouchement), ménopause (chute des oestrogènes), arrêt de la pilule contraceptive (les oestrogènes artificiels maintenaient les cheveux dans un cycle actif) : toutes ces transitions hormonales peuvent déclencher une chute temporaire ou persistante.
La thyroïde et les carences en vitamines
L'hypothyroïdie non diagnostiquée est une cause fréquente de chute diffuse. La TSH (test de la thyroïde) doit être incluse dans tout bilan de chute. Les carences en vitamine D et en zinc peuvent aussi contribuer - plus modestement mais de façon mesurable.
| Cause | Type de chute | Réversible ? |
|---|---|---|
| Ferritine basse | Diffuse | Oui, si traitée (supplémentation fer + temps) |
| Chute télogène (stress) | Massive et temporaire | Oui, en 6-12 mois |
| Post-partum | Télogène | Oui, spontanément |
| Alopécie androgénétique | Progressive | Non sans traitement (minoxidil) |
| Hypothyroïdie | Diffuse | Oui, avec traitement médical |
Ne pas se supplémenter en fer sans bilan sanguin préalable : l'excès de fer est toxique. Ne pas attribuer systématiquement la chute au "stress" sans exclure les causes biologiques. Ne pas attendre 6 mois de plus "pour voir" si la chute est sévère et s'accélère : consulte un dermatologue spécialisé en trichologie.
Les traitements disponibles selon la cause
Le traitement efficace dépend de la cause identifiée :
- Ferritine basse : supplémentation en fer orale (bisglycinate de fer ou fumarate ferreux) sous contrôle médical. Les résultats sur les cheveux apparaissent en 3 à 6 mois minimum.
- Chute télogène : pas de traitement médicamenteux indispensable - la chute s'arrête d'elle-même en 6-12 mois une fois la cause résolue. Éviter les agressions supplémentaires (chaleur, colorations fréquentes) pendant cette période.
- Alopécie androgénétique : le minoxidil (lotion capillaire) est le traitement le mieux documenté. Il ralentit la chute et stimule légèrement la repousse. Utilisé deux fois par jour, les résultats apparaissent en 4 à 6 mois minimum. C'est un traitement long terme - arrêter le minoxidil entraîne une reprise de la chute.
- Hypothyroïdie : traitement hormonal (lévothyroxine) prescrit par le médecin. La chute cesse généralement en quelques mois une fois la thyroïde régulée.
Le rôle de l'alimentation dans la santé capillaire
Une alimentation équilibrée ne garantit pas contre la chute, mais certaines carences y contribuent clairement. Au-delà du fer, le zinc (présent dans les noix de cajou, les graines de citrouille, les fruits de mer) est indispensable à la synthèse de la kératine. La vitamine D, souvent déficitaire en hiver en France, joue un rôle dans le cycle pileux. Les protéines en quantité suffisante (les cheveux sont composés à 90 % de kératine, une protéine) sont essentielles - un régime trop restrictif en protéines peut accélérer la chute télogène. Bilan à faire si chute : ferritine, NFS, TSH, vitamine D, zinc.
Notre avis
La chute de cheveux est un signal que l'organisme envoie, pas une fatalité. Avant d'acheter un shampoing "anti-chute" (qui ne règle rien seul), fais un bilan sanguin : ferritine, TSH, vitamines D et B12. Ces quatre marqueurs expliquent une grande partie des chutes inexpliquées chez la femme. Et si les résultats sont normaux, un dermatologue spécialisé en trichologie peut identifier d'autres causes et proposer un traitement adapté.
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Questions fréquentes
À partir de combien de cheveux perdus doit-on s'inquiéter ?
50 à 100 cheveux par jour est la norme. Un test simple : passe les doigts dans tes cheveux et tire légèrement - si plus de 5 à 6 cheveux tombent à chaque passage, c'est au-dessus de la normale. La quantité de cheveux dans la douche et dans la brosse est aussi un indicateur : si ça double brusquement, c'est un signal.
Les shampoings anti-chute sont-ils efficaces ?
Ils peuvent stimuler légèrement la circulation du cuir chevelu et contiennent parfois des actifs utiles (zinc, biotine, kératine). Mais ils ne traitent pas les causes biologiques. Sans traitement de fond (correction d'une carence, régulation hormonale), ils ne suffisent pas à stopper une chute importante.
Le minoxidil est-il réservé aux hommes ?
Non. Le minoxidil est utilisé chez les femmes pour l'alopécie androgénétique féminine. La concentration recommandée est généralement de 2 % (contre 5 % chez l'homme). Il existe en lotion et en mousse. La prescription médicale n'est pas obligatoire en France mais une consultation est conseillée pour confirmer le diagnostic avant de démarrer.
La chute post-partum est-elle inévitable ?
Elle touche la majorité des femmes (environ 40-50 %) entre 3 et 6 mois après l'accouchement. Elle est due à la chute brutale des oestrogènes après la naissance. Elle est temporaire et se résout spontanément en 6 à 12 mois dans la plupart des cas. Une ferritine basse (fréquente après l'accouchement) peut aggraver et prolonger cette chute - vérifier les marqueurs est utile.
- Société Française de Dermatologie, alopécies féminines, https://dermato-info.fr
- Ameli, chute de cheveux, https://www.ameli.fr