La technique des bonshommes allumettes est une pratique développée par le thérapeute et auteur québécois Jacques Martel dans les années 1990. L'idée est simple en apparence : dessiner deux figures schématiques, les relier symboliquement, puis les séparer pour matérialiser une déconnexion émotionnelle. Derrière cette apparente naïveté se cache une approche qui a trouvé un écho réel chez beaucoup de personnes cherchant à clarifier leurs liens avec les autres ou à se libérer d'une relation qui leur pèse.
- La technique vise à symboliser une déconnexion émotionnelle d'une personne ou d'une situation.
- Elle demande seulement une feuille, un stylo et quelques minutes d'intention.
- Elle n'appartient pas à la médecine ni à la psychologie clinique : c'est une pratique de développement personnel.
- Elle peut être utile pour amorcer un travail de détachement, pas pour le remplacer.
- Jacques Martel est aussi l'auteur du «Grand dictionnaire des malaises et maladies», publié en 1992.
Qui est Jacques Martel ?
Jacques Martel est un thérapeute québécois, conférencier et auteur, surtout connu en France et dans la francophonie pour son « Grand dictionnaire des malaises et maladies ». Ce livre, publié en 1992 et régulièrement réédité, propose une lecture symbolique des maladies physiques comme expression de conflits émotionnels ou de croyances inconscientes. Il s'inscrit dans le courant de la psychosomatique populaire, un domaine qui mélange des éléments de médecine corps-esprit, de développement personnel et de traditions spirituelles variées.
Il faut être clair : la démarche de Martel n'est pas reconnue par la médecine conventionnelle ni par la psychologie clinique. Ses travaux se situent dans le domaine du développement personnel et des pratiques alternatives. Cela ne veut pas dire qu'ils sont sans intérêt pour ceux qui y trouvent un sens, mais il est utile de savoir dans quel cadre on se place avant de s'y engager.
Le principe de la technique
La technique des bonshommes allumettes repose sur l'idée que les liens émotionnels entre personnes peuvent être symbolisés, rendus visibles et, par extension, intentionnellement transformés. En dessinant deux figures schématiques, en les reliant symboliquement au niveau des chakras ou des centres énergétiques, puis en les « séparant » physiquement (en coupant le lien ou en découpant les figures), on effectue un geste symbolique de détachement.
Du point de vue psychologique, quelque chose de réel peut se passer ici : le geste physique et intentionnel peut aider à conscientiser un lien qu'on n'avait pas encore clairement nommé, à exprimer une décision qu'on n'arrivait pas à formuler, ou à amorcer un processus de deuil émotionnel. Les thérapeutes qui travaillent avec le corps et les rituels personnels notent que les actes symboliques ont souvent une valeur réelle, indépendamment de leur interprétation métaphysique.
Les étapes de la technique
- Prendre une feuille et un styloAucun matériel particulier n'est nécessaire. Une feuille blanche et un crayon ou stylo suffisent. L'intention compte plus que le support.
- Dessiner le premier bonhommeDessiner à gauche une figure schématique (un bonhomme allumette simple) vous représentant. Inscrire votre prénom en dessous.
- Dessiner le deuxième bonhommeÀ droite, dessiner une deuxième figure représentant la personne ou la situation dont vous souhaitez vous détacher. Inscrire son nom.
- Relier les deux figuresTracer des lignes entre les deux figures au niveau de la tête, du coeur, du ventre et du bas du corps, symbolisant les liens énergétiques ou émotionnels qui vous unissent.
- Formuler une intentionMentalement ou à voix haute, nommer ce dont vous souhaitez vous détacher. Prendre un moment pour le ressentir avant d'agir.
- Séparer les figuresCouper ou déchirer la feuille entre les deux bonshommes, en coupant les liens tracés. Certains pratiquants brûlent ensuite les deux morceaux ; d'autres gardent leur bonhomme et jettent l'autre.
Dans quelles situations la pratiquer ?
Cette technique est souvent utilisée dans des contextes de rupture amoureuse, de conflit familial, de fin d'amitié, ou de relation professionnelle qui n'en finit pas de prendre de la place dans la tête. Elle peut aussi s'appliquer à une habitude, une croyance ou une situation (une dette, une période difficile) que l'on souhaite symboliquement clore.
Elle n'est pas recommandée comme substitut à un travail thérapeutique sérieux dans des cas de trauma, de dépression ou de relation abusive. Dans ces situations, un accompagnement par un professionnel de santé mentale est nécessaire. La technique peut en revanche trouver sa place comme complément d'un travail plus profond, ou comme outil d'expression pour quelqu'un qui a du mal à verbaliser ses liens émotionnels.
La technique des bonshommes allumettes est un outil symbolique, pas une thérapie. Elle peut aider à formuler une intention et à s'y ancrer physiquement, ce qui n'est pas rien. Mais elle ne remplace pas le travail sur soi, la communication directe avec la personne concernée, ni l'accompagnement d'un thérapeute quand la situation est sérieuse. Utilisée avec lucidité, elle peut être utile. Présentée comme une solution complète, elle ne l'est pas.
Notre avis
Ce type de pratique fonctionne pour certains, pas pour d'autres, et c'est normal. Le geste symbolique a une vraie valeur psychologique : couper quelque chose physiquement pour exprimer une intention de s'en détacher, c'est une forme de mise en acte qui peut réellement aider à franchir une étape. Ce qui nous rendrait plus réservés, c'est quand on présente cette technique comme un outil universel ou infaillible. La valeur est là pour qui y trouve quelque chose ; elle est nulle pour qui n'y adhère pas, et ça n'a rien à voir avec un quelconque « blocage ».
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Questions fréquentes
Combien de fois peut-on faire la technique pour la même personne ?
Il n'y a pas de limite formelle. Certains praticiens suggèrent de la répéter plusieurs fois, notamment si les liens émotionnels sont profonds et anciens. D'autres considèrent qu'une seule fois suffit si l'intention est clairement posée. L'essentiel est de ne pas en faire un rituel compulsif qui remplacerait un vrai travail de fond sur la relation ou la situation.
Peut-on utiliser cette technique avec quelqu'un qui est décédé ?
Oui, et c'est même un des usages les plus fréquents signalés par les personnes qui pratiquent cette technique. Le deuil implique souvent un travail de détachement progressif qui peut bénéficier de supports symboliques. Dans ce cas, le geste peut aider à exprimer une séparation que la mort a imposée mais que le psychisme n'a pas encore intégrée.
Faut-il croire aux chakras pour que ça fonctionne ?
Non. Si le cadre énergétique proposé par Jacques Martel ne fait pas sens pour vous, vous pouvez interpréter les lignes tracées entre les figures comme des liens émotionnels purs et simples, sans référence à une conception particulière de l'énergie ou du corps. La dimension symbolique du geste fonctionne indépendamment du système de croyances dans lequel on le place.
- Association Française de Psychologie Positive, https://www.psychologie-positive.net
- Jacques Martel, ATMA international, présentation de l'auteur, https://www.jacquesmartel.com